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L'Ambassade


Chris Marker
France, 1973
Production : Iskra

24'
Français


Résumé


Un film super 8, trouvé dans une ambassade, montre des réfugiés politiques qui organisent leur vie en transit dans ce territoire d'asile après un coup d'État militaire (on pense au Chili de Pinochet, mais rien ne le dit). La voix du commentateur parle de notes prises au jour le jour. Ses images à main levée nous communiquent leur émotion : arrivée des fuyards, organisation de la survie, les uns racontent l’horreur, d’autres restent prostrés. On rassure les enfants. Communistes et anarchistes se disputent, au loin la terrible tour de la police est allumée jour et nuit.

L'avis de Tënk


Ce film d’amateur muet mais commenté nous dit les journées dramatiques vécues par les rescapés d’un putsch dans une ambassade. Par l’inversion que provoque sa chute, ce court métrage reverse en quelque sorte la fiction révélée in fine au rang du documentaire vrai.
Par sa qualité de home movie à vif, le film, à l’opposé de l’information "objective", nous a fait ressentir paradoxalement une certaine réalité intime de la peur, de l’arbitraire totalitaire, de l’exil et de la perte de tout (du familier, de l’espoir, du sens de la vie, de la vie même). Si l’angoisse et le malaise nous gagnent avec la conviction du document, ils perdurent quand le documentaire s’avère fiction. C’est que le drame a pris relief quasiment dans notre salon, et nous réalisons que si ce coup d’État-ci est utopique (puisque le lieu en est fictif), il n’en reste pas moins le miroir, non pas réel mais véridique, de cette menace là, au Chili ou ailleurs maintenant.

François Niney
Docteur en Philosophie et en Études cinématographiques, critique et documentariste

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auteur

Chris Marker

Chris Marker nait en 1921 à Neuilly. Il débute des études de philosophie, vite interrompues par le conflit mondial. Après guerre, il travaille au sein de Peuple et culture, commence à écrire pour la revue "Esprit" et à réaliser ses premiers films dont "Lettre de Sibérie" qui le fit plus largement connaître. Écrivain, photographe, cinéaste et finalement artiste multimédia, Chris Marker est l'auteur d'une œuvre protéiforme et novatrice. Son goût pour l'expérimentation éclate dans "La Jetée" (1962), court-métrage d'anticipation annonçant ses thématiques de prédilection : le temps, la mémoire, la puissance des images. La même année, il tourne "Le Joli Mai", dans les rues de Paris, dans l'esprit du cinéma direct. La décennie 70 est marquée par des films engagés dont le plus célèbre, "Le fond de l'air est rouge" (1977), dresse un bilan des luttes des sixties tout autour de la planète. Dans ce sillon politique, il explore les liens entre mémoire individuelle et histoire dans "Sans soleil" (1982) puis dans des hommages posthumes comme "Le Tombeau d'Alexandre" (1993). Dans les années 1990, le plus souvent en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris, il conçoit plusieurs installations qui explorent les frontières entre réel et imaginaire. Il s'éteint à Paris à l'été 2012, faisant figure de référence pour les cinéastes contemporains.

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