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Good morning, Vietnam


Claude Johner et Janine Antoine
France, 1972
Production : Alain Truta, ACR France Culture
110'
Français, Anglais


Résumé


Au début des années 70, le photographe de guerre Claude Johner (Associated Press, Gamma, New York Times) revient de Saigon transmué en audio-reporter. Il confie cinquante heures de son à Janine Antoine et Alain Trutat de France Culture. En variant les focales de son écoute comme il le ferait de son zoom photographique, Johner a enregistré sans fil directeur apparent, au fil de ses pérégrinations. Sa palette se révèle d’une richesse enviable : intérieur/extérieur, bars et cimetières, dialogues et martèlement des armes, chants et jingles radio, bruits infinitésimaux et séismes sonores… Johner s’est intéressé aussi bien aux GI’s qu’aux Vietnamiens, au déploiement multidimensionnel de la machine de guerre états-unienne qu’à son impact sur les populations locales. Ce matériau proliférant est élagué par l’équipe de France Culture et reconfiguré dans un format de 80 minutes. (Extrait du site syntone.fr, Pascal Mouneyres.)

L'avis de Tënk


"Il est d'autres pays où les mères enseignent à leurs enfants à reconnaître les chants des oiseaux. Ici, il faut leur enseigner la différence entre les grondements d'un B52 et ceux d'un F105." Ici, c'est le Vietnam de 1970, théâtre d'une guerre asymétrique acharnée que Claude Johner a enregistrée en s'enfonçant de part et d'autre des lignes de partage mouvantes des forces en présence. C'est bien de "présence" qu'il est question dans cet ACR diffusé la même année que le célèbre cliché de Nick Ut, Napalm Girl : celle du vacarme assourdissant de la machine de guerre américaine et celle de la langue d'un peuple écrasé, qui semble pourtant indestructible - comme lorsque des enfants récitent ou chantent, on ne sait, dont les voix mêlées s'affermissent à mesure que l'on sent monter leur peur quand les avions de chasse américains traversent l'espace sonore. Avec la réalisation extrêmement précise de Jeanine Antoine, travaillée justement comme une "photographie" avec son piqué et ses profondeurs de champ embrassées d'un seul regard, "Good Morning Vietnam" fait surgir le hors-champ sonore de la guerre. Quarante ans après, alors que les conflits modernes sont saturés d'images paradoxalement muettes, cette émission demeure indépassée dans l'expérience directe vécue par l'auditeur, depuis un pays lointain et jusque-là, inouï.

Emmanuel Chicon
Journaliste, critique, membre du comité de sélection de Visions du Réel depuis 2007, producteur radio ainsi que programmateur au FIPA

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auteur

Claude Johner et Janine Antoine

Claude Johner est né en 1939. Il a été reporter photographe pendant la guerre du Vietnam. Il a également contribué à l'ouvrage "Quelques larmes dans la mer" en 2003. Janine Antoine, quant à elle, a réalisé plusieurs documentaires sonores pour France Culture. Voici ce que disait Janine Antoine de "Good Morning Vietnam" en 2014 : "D’abord c’est Claude Johner qu’il faut saluer, ce garçon fou du son qui pendant cette guerre a sûrement pris des risques énormes et a pu rapporter des images sonores fantastiques sans jamais les commenter. Donc c’est à lui d’abord que reviennent ces honneurs et à Alain Trutat (créateur avec Jean Tardieu des Ateliers de Création Radiophonique de France Culture) qui a fait confiance à cet inconnu et aux directives qu’il m’a données, à savoir qu’il fallait en faire une espèce de poème musical : et c’est devenu, je ne sais pas comment, ce documentaire étrange sans commentaire où seuls les sons allaient narrer cette sale guerre et les horreurs de toutes les guerres."

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