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Nos traces silencieuses


Myriam Aziza , Sophie Bredier
France, 1998
Production : Agat Films & Cie
56'
Français
Anglais


Résumé


"Je ne suis jamais retournée en Corée. Adoptée à l’âge de 4 ans, mon horizon est ici en France. De là-bas, il ne me reste plus rien ou presque. Des images, des souvenirs, si fragiles que je doute souvent. Et puis, j’ai ces marques sur la peau..." En suivant l’itinéraire tracé par ses marques corporelles, Sophie entreprend une quête de ses souvenirs, les interroge sans relâche et, de rencontre en rencontre, de questions en réponses, parvient peu à peu à reconstituer le puzzle de son passé coréen.

L'avis de Tënk


"Nos Traces silencieuses" est un très beau voyage dans les limbes d’une mémoire d’enfant. Le film est une enquête au sens le plus prenant du terme : quelle est cette vie d’avant de la petite fille coréenne adoptée à 4 ans ? Les cicatrices sur sa peau comme celle d’Elie, ancien déporté, ou les tatouages de Frédérique sont autant de récits symptômes, de secrets… La mémoire des parents adoptifs semble se dérober dès qu’elle les interroge. C’est par la concomitance des histoires, la sienne et celle des autres que Sophie cherche les mots en lieu et place d’une évidence biologique. Les éternelles interrogations de chaque enfant surgissent exacerbées, fille de gueux ou de prince ? Aimée ou abandonnée ? Pourquoi ?
Le film est coréalisé par Myriam Aziza, regard à la fois essentiel et bienveillant qui fait de Sophie le sujet et l’objet même de sa recherche. Un statut féminin par excellence… une femme s’attelant à un mystère qui est derrière son visage et son corps.  

Claire Simon
Réalisatrice




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auteures

Myriam Aziza

Après de brèves études de mathématiques, Myriam Aziza intègre le département Réalisation de la Fémis en 1991. Elle y réalise trois courts métrages, "Sauf le Vendredi", "Méprises" et "Comme on respire", primés dans de nombreux festivals. Après sa sortie de l'école, elle se consacre à la réalisation de films documentaires. Elle coréalise avec Sophie Bredier deux documentaires autour de questions identitaires, "Nos Traces silencieuses" en 1998 et "Séparées" en 2001. Tout en poursuivant différents projets et le tournage en 2007 d’un troisième documentaire, "L’An prochain à Jérusalem", Myriam Aziza se consacre, toujours avec sa complice Sophie Bredier, à l’écriture de son premier long métrage, "La Robe du soir". Après ce premier film sorti en salles en 2010, elle réalise son deuxième long métrage "Les Goûts et les couleurs" qui aborde sous le prisme de la comédie des thèmes déjà abordés dans ses autres films : l’identité sexuelle, le judaïsme et la famille.

Sophie Bredier

Sophie Bredier est une cinéaste qui, de film en film, interroge la filiation, les vies sans nom que son histoire personnelle lui donne à voir. C’est une vraie chercheuse de la vérité des êtres et du cinéma. Le visage qui ne dit pas son histoire, voilà un projet cinématographique par excellence et une expérience humaine dont ses films témoignent. Après des études de lettres classiques à la Sorbonne et quelques expériences de critique (Bref, Les Cahiers du Cinéma, La Lettre du Cinéma), elle se tourne vers le cinéma documentaire en réalisant coup sur coup trois films de nature autobiographique - "Nos Traces silencieuses" (1998) et "Séparées" (2000), en collaboration avec Myriam Aziza ; puis, seule, "Corps étranger" (2004). Elle co-scénarise "La Robe du soir", long métrage de fiction de Myriam Aziza. Développant son travail autour de quelques grands thèmes récurrents comme la perte ("Elie et Nous"), la filiation ("Orphelins de la patrie"), l’abandon ("La Tête de mes parents") ou le statut des femmes ("Femmes asiatiques, femmes fantasmes", "Maternité secrète"), elle signe une série de films diffusés tant à la télévision (Arte, France Télévision) que dans le réseau des festivals (Le Cinéma du Réel, le FID, Dok Leipzig, FIPA). Parallèlement elle encadre régulièrement des ateliers documentaires dans diverses structures (Fémis, Normandie Images, Arcadi) ; elle est en charge en Master de l’Atelier documentaire à Paris 7-Diderot.