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Nach zwei Stunden waren zehn Minuten vergangen


auteur : Steffen Goldkamp
Musique originale de : Endellion String Quartet
Allemagne, 2019
Production : Spengemann Eichberg Goldkamp Hans

19'
Allemand
Français, Anglais


Résumé


Le temps comme punition : détenus mineurs et pesanteur des corps dans l’espace carcéral.

L'avis de Tënk


Des garçons, adolescents, attendent. Il y a les gestes de l’attente (une bouteille de plastique triturée, mâchouillée pour occuper l’ennui), le silence de l’attente, la posture de l’attente (le dos qui cède, le corps entier qui devient comme liquide). Qu’attendent-ils ? Justement c’est une attente sans objet, ou alors trop lointain. Ils attendent, comme on dit, que le temps passe, mais le temps ne passe pas : il est introuvable. Les garçons sont détenus dans un établissement pénitentiaire pour mineurs, à Hahnöfersand, près de Hambourg. Leur attente vide y est prise dans une vague structure, qui ne redresse rien : il y a l’heure des repas, celle des travaux ménagers imposés, parfois des appels téléphoniques vers le monde extérieur où les proches attendent aussi, parfois encore des colis, ou des lettres, ouvertes et lues d’abord par les matons. Chaque situation retrouve des corps identiquement léthargiques, dévitalisés par cette attente qui n’attend rien, enfermés entre des murs qui sont d’abord ceux d’un temps immobile — un temps qui donne le sentiment, indiqué par le beau titre du film, qu’au bout de deux heures, dix minutes seulement ont passé. Et ce temps littéralement mort les uniformise d’autant plus qu’ils sont sans visage — il était interdit de les filmer. En s’attardant sur les nuques interchangeables, les ombres de visages émergeant des casquettes, les gestes infimes et automatiques, "Nach zwei Stunden…" offre une saisissante phénoménologie de la prison, dévoilée comme impitoyable machine à vider les corps de leur présence.

Jérôme Momcilovic
critique et membre du comité de sélection de Cinéma du réel

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auteur

Steffen Goldkamp

Steffen Goldkamp est né en 1988 à Wallenhorst. Étudiant à l'Académie des Beaux Arts de Hambourg (HFBK) puis aux Beaux Arts de Paris, où il se concentre sur la réalisation de films. Il est co-fondateur du collectif de réalisateurs SPENGEMANN EICHBERG GOLDKAMP HANS avec lequel il a produit plusieurs films. Son travail explore la réalité si particulière de certains lieux, ce que l'on peut voir dans ses deux films "L'Été espéré" (2012) et "Wallenhorst" (2014).

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