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Le Tombeau d'Alexandre


Chris Marker
France, Finlande, 1993
Production : La Sept, Les Films de l'Astrophore, Epidem

120'
Français
Anglais


Résumé


Un autre sens du mot "tombeau" est "composition poétique, œuvre en l'honneur de quelqu'un". Chris Marker adresse six lettres à son ami, le cinéaste russe Alexandre Medvedkine, mort en 1989. D'archives en entretiens, de fiction en documentaire, de la Russie à l'URSS, de l'URSS à aujourd'hui, le film est un hommage à la mémoire du "dernier des bolchéviques". Un remarquable portrait qui retrace conjointement l'Histoire de l'URSS et celle d'un artiste partagé entre idéologie et indépendance. "Peut-on rêver de meilleur fil conducteur que cette vie pour explorer la tragédie de notre siècle ?"

L'avis de Tënk


Au moment d’entreprendre son grand essai sur un siècle de communisme, via la vie de Medvedkine, Marker appose une citation de George Steiner, tout à la fois limpide et intrigante : "Ce n’est pas le passé qui nous domine, mais les images du passé." Cette phrase pourrait être placée en exergue de la plus grande partie de l’œuvre de Marker, depuis les années 1980 ; la lutte ne se mène pas seulement sur le théâtre des opérations mais aussi - sinon plus - dans l’ordre symbolique et imaginaire. La pédagogie markérienne des images trouvent là sa justification profonde : les cinéastes ne sont pas les plus mal placés pour comprendre les motifs qui gouvernent nos imaginaires collectifs et par là même nos actes les plus quotidiens. Et une grande partie du "Tombeau" est consacré à cette exploration-explicitation de la puissance symbolique du communisme soviétique et de son cinéma (Eisenstein a mis "en scène l’imaginaire de plusieurs générations", écrivait Marker) !

Arnaud Lambert
Réalisateur

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auteur

Chris Marker

Chris Marker nait en 1921 à Neuilly. Il débute des études de philosophie, vite interrompues par le conflit mondial. Après guerre, il travaille au sein de Peuple et culture, commence à écrire pour la revue "Esprit" et à réaliser ses premiers films dont "Lettre de Sibérie" qui le fit plus largement connaître. Écrivain, photographe, cinéaste et finalement artiste multimédia, Chris Marker est l'auteur d'une œuvre protéiforme et novatrice. Son goût pour l'expérimentation éclate dans "La Jetée" (1962), court-métrage d'anticipation annonçant ses thématiques de prédilection : le temps, la mémoire, la puissance des images. La même année, il tourne "Le Joli Mai", dans les rues de Paris, dans l'esprit du cinéma direct. La décennie 70 est marquée par des films engagés dont le plus célèbre, "Le fond de l'air est rouge" (1977), dresse un bilan des luttes des sixties tout autour de la planète. Dans ce sillon politique, il explore les liens entre mémoire individuelle et histoire dans "Sans soleil" (1982) puis dans des hommages posthumes comme "Le Tombeau d'Alexandre" (1993). Dans les années 1990, le plus souvent en collaboration avec le Centre Pompidou de Paris, il conçoit plusieurs installations qui explorent les frontières entre réel et imaginaire. Il s'éteint à Paris à l'été 2012, faisant figure de référence pour les cinéastes contemporains.

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